C’est un procès historique qui s’ouvre, ce mercredi 8 septembre, dans le vieux Palais de Justice de Paris, sur l’Ile de la Cité. Six ans après les attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts et plus de 1.300 blessés, à Paris et Saint-Denis, ce dernier promet d’être inédit par sa durée mais aussi sa charge émotionnelle. Deux ans ont été nécessaires à sa préparation. Qui sont les accusés ? Combien de temps va-t-il durer ? Voici ce qu’il faut savoir sur la plus grande audience criminelle jamais organisée en France.

Au total, 20 hommes sont jugés lors de ce procès. Onze, déjà en détention provisoire, vont comparaître dans l’immense box vitré conçu pour l’occasion. Trois autres, placés sous contrôle judiciaire, vont se présenter libres à l’audience. Les six autres, dont cinq présumés morts, seront jugés par défaut.

Tous sont présumés complices des attaques du 13 novembre 2015. Les regards se tourneront notamment vers Salah Abdeslam, accusé le plus connu de ce procès et seul membre des commandos à avoir survécu. L’homme de 31 ans, emprisonné à Fleury-Mérogis, se mure dans le silence depuis le début de l’instruction. Beaucoup espèrent qu’il fasse preuve d’une attitude plus conciliante lors de son audition, prévue en janvier 2022.

Les neuf autres membres des commandos terroristes ne seront, eux, pas jugés. Ils sont tous décédés et l’action judiciaire s’est éteinte avec leur mort. L’ampleur de ce procès réside surtout dans le nombre de victimes. Vendredi 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes lors des attentats les plus meurtriers que la France ait jamais connus. Plus de 350 personnes ont également été blessées, aux abords du Stade de France, sur des terrasses parisiennes ou au Bataclan. Nombreux sont également les survivants traumatisés.

Face aux accusés, près de 1.800 personnes se sont constituées partie civile. Un nombre inédit. C’est six fois plus qu’au procès des attentats de janvier 2015. Ils livreront leurs témoignages à partir du 28 septembre, et pendant cinq semaines complètes. A nombre de victimes exceptionnel, nombre d’avocats proportionnel. Plus de 300 avocats sont mobilisés du côté des parties civiles.A cela s’ajoute une trentaine d’avocats pour la défense. Parmi eux, des étoiles montantes du barreau parisien, dont Me Olivia Ronen, 31 ans, avocate de Salah Abdeslam.

Les accusés ne seront pas jugés par un jury populaire mais par cinq magistrats professionnels. La cour d’assises est présidée par un magistrat d’expérience, Jean-Louis Périès, 65 ans. Il s’agira de son dernier procès avant la retraite, après quarante ans en tant que magistrat. Trois avocats généraux porteront l’accusation au nom de la société française. Le trio sera composé de Nicolas Braconnay, Nicolas Le Bris et Camille Hennetier, respectivement 39, 42, et 48 ans. Tous ont travaillé sur ce dossier fleuve : plus de 500 tomes regroupant plus de 47.000 procès-verbaux et qui atteindrait 53 mètres de hauteur.

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