Des Chalonnais victimes d’agression, notamment à partir du site Coco.

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Ce n’est sûrement pas, hélas, et récemment, les seules agressions comme nous le précise une source proche du dossier. Deux Chalonnais sont tombés dans un guet-apens, chez eux, le 25 juin 2023. Nous avions eu le témoignage exclusif de l’un d’entre eux (nous le repostons ici sur notre page FB). Dans les deux cas, ils ont un rendez-vous, chez eux, avec un jeune homme majeur, l’un pour une rencontre sexuelle par coco.gg interposé, l’autre pour, selon ses dires, vendre des objets mis en vente sur internet. La deuxième agression a lieu deux heures après la première. Dans les deux cas, l’aventure se déroule de la même façon, ce qui fait dire à des sources proches de l’enquête que c’est la même bande. Un des 3 agresseurs rentre normalement et aimablement chez la victime, puis il ouvre la porte à ses comparses et là commencent les coups, les menaces, les insultes et le vol. ITT de 7 jours ou plus, pour les deux victimes. Les deux ont porté plainte. La première pour agression homophobe en bande organisée à l’arme blanche, l’autre pour agression avec vol. SOS homophobie se portera partie civile pour le premier homme. Vite, un des trois présumés agresseurs, en sursis pour des faits antérieurs, est arrêté et est en détention à la prison de Varennes. Selon nos sources, il a été auditionné au printemps. Il nie les faits. D’après notre enquête, d’autres personnes, notamment des gays, ont eu affaire à cette bande de jeunes contactés sur le site Coco… Un de ces hommes nous a dit qu’une batte de baseball, qu’il possédait, a fait fuir les futurs agresseurs, pas toujours très courageux. Peut-être que d’autres gays ont-ils été victimes de la bande et n’ont pas porté plainte de peur de se dévoiler. La société est sûrement plus conciliante pour les LGBTQ+, mais les homophobes plus confiants, plus actifs verbalement et physiquement et plus virulents et violents. L’association SOS Homophobie ne cesse de dire que le nombre d’« agressions » qui lui sont signalées est d’année en année plus important, avec une violence accrue. En septembre 2023, dans la région de Mâcon, un commerçant de 48 ans était tombé dans une véritable embuscade après des échanges sur coco.gg. Alors qu’il pensait avoir rendez-vous avec un homme, cinq individus étaient sortis d’un champ de maïs, armés de battes de baseball et l’avaient passé à tabac, en le traitant de « sale PD ».

En avril 2022, deux hommes avaient de nouveau été agressés au Lac Kir à Dijon. Deux adolescents de 14 ans. Ils l’ont attiré sur les rives du lac Kir à Dijon (Côte-d’Or) et l’ont frappé pour lui extorquer de l’argent.

Le 9 janvier 2023, à Besançon, un homme de 33 ans était lui aussi tombé dans un véritable traquenard. Il avait rendez-vous avec une femme rencontrée sur le site. Arrivé dans l’appartement, il avait été agressé et détroussé par deux individus cagoulés.

Deux adolescents de 16 ans qui avaient tendu un guet-apens à un quadragénaire ont été interpellés vendredi 19 avril 2024 à Baume-Les-Dames (Doubs). Cachés derrière un faux profil d’escorte-girl, ils avaient donné rendez-vous sur le parking d’un supermarché à leur victime, rencontrée sur le site coco.gg, vraisemblablement dans l’intention de le dépouiller. Ils ont été accueillis et arrêtés par une équipe du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Besançon. 

A Grande-Synthe (Nord), un jeune homme de 23 ans a été battu à mort dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 avril 2024. Un scénario de guet-apens a été tendu via le site de rencontres Coco. Deux adolescents de 14 et 15 ans ont été mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire. Ils ont déclaré avoir fixé un rendez-vous à la victime en se faisant passer pour « une jeune fille mineure ».

Par ce drame, Coco (appelé aussi Coco chat ou Cocoland), chat en ligne sans inscription et gratuit d’accès, site mixte de rencontre, fait son entrée dans le monde des grands et des médias. Il serait illusoire et faux de croire que les agressions verbales ou physiques, les guets-apens, les chantages, les vols, les extorsions d’argent n’ont lieu que sur Coco. Ce genre d’affaires dramatiques, voire mortelles, ont lieu sur d’autres sites de rencontres ou sur les réseaux sociaux, de plus en plus cryptés… Ce qui est très inquiétant est que les agresseurs sont de plus en plus jeunes, 14, 15 ans… ! Mais Coco, qui a une réputation problématique et sulfureuse a plein de particularités par rapport aux âtres chats. Il est qualifié de repaire à pédophiles et prédateurs sexuels sur internet. L’association ACPE (Agir Contre la Prostitution des Enfants) décrit le site comme un « terrain de chasse pour les prédateurs ». En octobre 2023, l’association SOS Homophobie demande la fermeture du site. Si les différentes affaires montrent bien que des prédateurs sexuels, des homophobes en chasse de proie, des escortes, sont bien sûr le site, il est un peu rapide de réduire coco à que ça. Il y a aussi des adultes qui cherchent à avoir des rencontres sexuelles. La première chose à faire est de les protéger de ces dangers.

Anciennement « coco.fr », le site, créé en 2003, a changé d’adresse pour être immatriculé actuellement« .gg », ce qui le situe légalement sur l’île anglo-normande de Guernesey. Pour ce qui est de la société propriétaire du site, elle a changé plusieurs fois, passant d’entreprises françaises, à une immatriculée à Hong-Kong pour finalement être aujourd’hui la propriété de Vinci SA, immatriculée en Bulgarie. Pour autant, le site n’a jamais changé de propriétaire : un ingénieur français de 44 ans installé dans le Var a toujours été derrière ces différentes sociétés. Le site revendique plus de 500 000 visites par mois.

Rentrer sur le site coco est très simple. Il suffit de donner son pseudo, si on est un homme ou une femme, son âge et sa ville ou son village. Aucune vérification n’est faite. Le pseudo peut être banal, plus sexuel et parfois fait apparaître la minorité de l’entrant. Si vous déclarez comme âge de mineur, le site vous refuse l’accès. Les autres sites sont un peu plus stricts en apparence, et ce n’est pas difficile, mais avec une efficacité toute relative et à démontrer. Donc vous pouvez dire n’importe quoi sur coco, que vous ayez 20 ans, que vous habitez Buxy ou Chalon. Tout cela n’est que du déclaratif. Quant au pseudo, aucune contrainte sauf pas d’espace et pas de lettres accentuées, aucune censure… liberté totale et enfumage potentiel.

Quand vous accédez au site, qui est gratuit (une option premium 5 €/mois existe), vous avez deux possibilités : la liste des cocoïstes présents dans votre département « les Connectés » et les « Salons », tout cela dans un graphisme très sommaire, très suranné…presque le bon temps du minitel.

Dans la partie « connectés », vous pouvez donc entrer en conversation avec une autre personne en conversation privée. Vous pouvez lui envoyer des photos (vraies ou fausses), des vidéos, de l’audio, et faire du direct cam. Plus d’hommes présents, gays ou hétéros (en bleu) que de femmes (en rose). Beaucoup d’escortes au niveau féminin, beaucoup moins au niveau masculin. Nous avons pratiqué ce site quelques heures, le côté pédophile ne nous est pas vraiment apparu… quelques garçons de 15 à 18 ans, mais peut-être avons-nous mal cherché. Lors des conversations privées, on peut avoir des surprises, notamment des tromperies sur l’âge, mais aussi et c’est plus dangereux des rendez-vous qui tournent mal, à domicile ou en extérieur, des chantages quand vous n’avez pas été assez précautionneux… Les connectés que nous avons contactés nous disent « qu’il y a beaucoup de mythos, des discussions sexuels qui n’aboutissent à rien ou à de faux plans. Les insultes homophobes ou parfois racistes existent. Il y a soi-disant un médiateur que l’on peut interpeller, mais, selon eux, son efficacité est souvent inexistante. Il y a aussi parfois des rencontres qui se passent bien. Les connectés sont là pour le sexe. Parfois apparaît le pseudo  “pour une relation sérieuse”, une illusion sur ce site. Les quelques femmes connectées reçoivent vite de nombreux messages…Coco n’est pas un site gay, c’est un site de rencontres sexuelles, parfois tarifées, mixte. Les discussions plus sexuelles se poursuivent souvent sur Snapchat, qui est crypté et qui permet de garder le contact. Vous pouvez ajouter sur coco une photo de profil, vrai ou faux, votre visage ou vos attributs. Ce mardi à 14 h, vous pouviez entrer en contact avec 76 personnes dont 10 femmes. La conclusion de notre pratique cocoïenne et les dires de certains pratiquants est de rester très prudent et c’est encore plus vrai pour les mineurs, qui n’ont pourtant pas, théoriquement, l’accès. Après, il y a des rencontres qui se passent bien par rapport au but recherché.

Les salons thématiques, publics ou privés, où se retrouvent plusieurs connectés qui « dialoguent », sont l’autre particularité de coco. Là aussi on peut, pour se présenter, convaincre, argument son propos, mettre une photo, une vidéo. On y retrouve toutes les dérives de la partie « Connectés » mais là, en « bande ». Dans les salons publics, on trouve comme thématique Politique, Alsace, Mangas, 18-20 ans, Consoles et Gaming, cuisine, Cinéma, 40 ans, retraités, gay, échange photos, partage music, webcams, rondes mimi, cœur à prendre, insultomic… Les salons privés (à l’initiative des connectés) sont plus sexuels et crus : gros seins, soumises, maman coquine, gorge profonde, minet gay pour homme, mûr, dominatrices, porno vintange, couple trio, baise brutale…

Les alertes de SOS homophobie

Coco.gg « devrait être fermé », a affirmé Véronique Godet, coprésidente de SOS Homophobie, sur franceinfo. L’association avait déjà pointé du doigt le site pour son implication dans des agressions, notamment des guets-apens homophobes. « Nous avions déjà alerté les pouvoirs publics pour dénoncer l’agression homophobe dont avait été victime Chris à Marseille » en septembre dernier, rappelle Véronique Godet. « Je suis effarée par cette nouvelle affaire. 90 % de nos dossiers mettent en cause Coco », assure-t-elle. SOS homophobie avait alors demandé aux pouvoirs publics que des « messages de protection pour alerter » les utilisateurs soient impérativement affichés sur le site.

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