En marge des journées parlementaires socialistes à Montpellier, les commentaires vont bon train sur 2022, et la situation politique. Les sénateurs et députés préparent les prochains mois de campagne, pour la présidentielle et les législatives. Leur future candidate, Anne Hidalgo, qui doit se lancer officiellement ce dimanche à Rouen, fait un carton. La candidature, le 4 septembre à Clamecy, de l’ancien ministre Arnaud Montebourg en totale autonomie, alimente aussi les conversations. « C’est quand même dommage qu’on en soit là », peste un ancien membre du gouvernement, attablé avec ses collègues sénateurs. Le lendemain, Arnaud Montebourg poursuit sa tournée des médias, sur France Inter.

Alors que le parti devrait mettre en orbite Anne Hidalgo à l’issue du congrès des 18 et 19 septembre (seul Stéphane Le Foll va se présenter face à elle), le cas Arnaud Montebourg risque d’embarrasser la famille socialiste. L’ancien ministre du Redressement productif part en campagne sur le thème de « la Remontada », totalement affranchi du PS, dont il n’est plus adhérent. Au groupe PS du Sénat, qui compte 65 membres, le nombre de ses soutiens oscillerait entre six et dix personnes. Le mouvement est pour l’heure limité.

Ses plus fervents soutiens ne voient aucun souci à l’encourager, lui, plutôt que le ou la candidat(e) qui sera investi(e) par le PS. « Il faut déjà donner sa chance à chacune des candidatures du plateau et pour l’instant Arnaud Montebourg a déposé la sienne, d’autres ne l’ont pas encore fait, je suis assez serein », se défend Jérôme Durain, l’un de ses fidèles amis au Palais du Luxembourg. Dans une période où « rien n’est stabilisé », le sénateur de Saône-et-Loire estime qu’aucun des pro-Montebourg n’est « en marge » dans le groupe. « Arnaud Montebourg, il a une équation personnelle, il a des idées qui sont posées sur la table, il a une démarche politique qui est claire.

Un autre proche d’Arnaud Montebourg, Patrice Joly, a lui aussi fait le déplacement la semaine dernière à Clamecy, dans la Nièvre. Le sénateur du département, engagé avec Arnaud Montebourg au début des années 2000 dans le courant du Nouveau Parti socialiste (NPS), aime « regarder avec intérêt » l’aventure de son ami, dont il vante une « stature d’homme d’Etat ». Même s’il manifeste beaucoup d’enthousiasme sur son programme, Patrice Joly précise qu’il soutiendra néanmoins « le candidat le mieux placé ». « On va voir ce que ça va donner, si cette candidature porte ou non. Si elle ne passe pas, il ne faudrait pas qu’elle vienne abîmer la candidature d’Anne Hidalgo. Il faut qu’un des deux s’écarte, sinon on va dans le mur. »

Pour d’autres au sein du groupe, la démarche personnelle de l’ancien ministre est vue comme un facteur de division à gauche, marquée par l’inflation des candidatures. « Plusieurs idées de Montebourg sont utiles, mais sa candidature ne l’est pas. Il sera peut-être plus utile dans une démarche collective que dans une aventure individuelle », commente l’un des piliers du groupe sénatorial. Ce dernier est persuadé que le chantre du Made in France va manquer de soutiens, d’éventuels parrainages mais aussi de moyens financiers pour mener campagne. « Deux ou trois millions d’euros sans être remboursé, cela fait réfléchir. » Tous ces risques, le principal intéressé entend les surmonter sans difficulté, assure-t-il au JDD.

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