Présidentielle en Algérie : Bouteflika prêt à reprendre du service

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« C’est une journée spéciale ! », lance l’officier de police en tenue civil, qui contrôle sévèrement les documents des journalistes. L’accès au Conseil constitutionnel à Alger est fermé. Et sur les hauteurs de la capitale, les forces de police, arrivées depuis les premières heures de la matinée, sont massivement déployées.

Il faudra attendre la fin de l’après-midi pour qu’Abdelghani Zâalane, directeur de campagne de Bouteflika, vienne lire une lettre – supposément – écrite par le candidat, toujours hospitalisé en Suisse. « Je veux changer le système », déclare Bouteflika dans cette adresse au peuple algérien. Le président sortant, au pouvoir depuis 1999 et âgé de 82 ans, promet, s’il est réélu le 18 avril, d’organiser des élections présidentielles anticipées, s’engage à ne pas aller au bout de son mandat et à se retirer à l’issue de cette élection anticipée, dont la date serait fixée à l’issue d’une « conférence nationale ».

En évoquant ainsi l’organisation d’une présidentielle anticipée, à une date indéterminée, Bouteflika cherche, en réalité, à gagner du temps, à reprendre la main et à contourner, dans l’immédiat, la demande de la rue algérienne qui réclame son départ. Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, le président algérien n’a jamais voulu se laisser forcer la main.

En plaidant, par ailleurs, pour « un changement de système », il tente clairement de donner des gages à l’opposition, en promettant de créer « une instance indépendante de préparation de l’élection », en engageant de nouvelles réformes économiques et politiques et en élaborant « une nouvelle » Constitution.

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