Octobre rose, sensibilisation au cancer du sein

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Sous les projecteurs de CTV, émission plateau, accueille, ce 22 octobre 2020, le Dr Axelle Boudrant, oncologue (cancérologue), chef de service, responsable de la chimiothérapie à l’hôpital William Morey de Chalon. Cette spécialiste nous parle du cancer du sein, en ce mois d’octobre, dénommé octobre rose, mois où la lutte contre la maladie s’intensifie, se médiatise : diagnostic, mammographie, traitements, chirurgie, mastectomie, chimiothérapie, radiologie, hormonothérapie, reconstruction mammaire, prothèse, rémission, récidive, guérison. Quel que soit le mois, le message reste « faites-vous contrôler »

https://www.ligue-cancer.net/

Le + de CTV : Le cancer du sein (article de la ligue du cancer)

Avec environ 54 062 nouvelles personnes touchées chaque année, le cancer du sein est le plus répandu des cancers féminins. Près d’une femme sur neuf sera concernée au cours de sa vie, le risque augmentant avec l’âge. Moins de 10% des cancers du sein surviennent avant 40 ans. L’incidence augmente ensuite régulièrement jusqu’à 65 ans. Ceci, associé au fait que la densité de la glande mammaire est moins importante à cet âge, justifie le choix de la tranche d’âge de 50 à 74 ans retenue pour le dépistage organisé.

Après avoir doublé entre 1980 et 2005, l’incidence semble désormais en phase de stabilisation. Plus encourageant encore, la mortalité (nombre de décès/an) n’a, elle, pas augmenté depuis les années 80. Le résultat d’énormes progrès, tant au niveau du dépistage que de la prise en charge médicale de la maladie. Pour preuve, aujourd’hui, plus de 3 cancers du sein sur 4 sont guéris en sachant que tous les types de cancers n’ont pas le même pronostic !

L’homme et le cancer du sein

Les hommes peuvent également développer un cancer du sein. Ces cas sont cependant rares, puisqu’ils représentent seulement 1% du nombre total de cancers du sein et 0,5% des cancers masculins.

Le cancer du sein en chiffres* chez la femme

  • 54 000 nouveaux cas annuels
  • 1er rang des cancers en terme de fréquence (33,5% de l’ensemble des nouveaux cas de cancer)
  • 11 900 décès annuels
  • 75% des cancers du sein se déclarent après 50 ans
  • âge moyen au diagnostic = 61 ans

* Source: « La situation du cancer en France en 2015 » – INCa avril 2016

 

Le sein

Les seins jouent un rôle important dans la féminité et dans l’image que la femme a de son corps. La fonction biologique du sein est de produire du lait afin de nourrir un nouveau-né.
Le sein (appelé aussi glande mammaire) se compose de quinze à vingt lobes séparés par du tissu graisseux qui donne au sein la forme qu’on lui connaît. Ces lobes sont, eux-mêmes, constitués de lobules capables de secréter du lait en période d’allaitement. Un lait est transporté par les canaux galactophores jusqu’au mamelon, situé au centre d’une zone pigmentée (l’aréole).

La glande mammaire se développe et fonctionne sous l’influence d’hormones sexuelles produites en quantité variable tout au long de la vie : les œstrogènes et la progestérone.

Traitements du cancer du sein

Chaque cancer est particulier et nécessite un traitement spécifique. Il dépend de la patiente (état général, âge, statut hormonal, etc.) et des caractéristiques de sa maladie (type, localisation, évolution, etc.). Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) permet au corps médical d’établir un programme personnalisé de soins (PPS). Ce document résume les différentes étapes du traitement spécifiquement préconisé pour la patiente, qui peut alors demander toutes les précisions nécessaires.

Les traitements du cancer du sein s’organisent autour de quatre approches complémentaires et souvent associées : la chirurgie, la radiothérapie, l’hormonothérapie et la chimiothérapie.

La chirurgie contre le cancer du sein

La chirurgie reste le traitement de base contre le cancer du sein. La tumeur est totalement enlevée, avant d’être analysée pour en préciser la taille, l’agressivité, la présence ou l’absence de récepteurs hormonaux, etc. Ces données sont indispensables au choix de l’option thérapeutique.

La technique chirurgicale utilisée dépend de plusieurs paramètres, mais essentiellement de la taille et de la localisation de la tumeur :

  • tumorectomie = ablation de la tumeur ;
  • mastectomie partielle = ablation de la tumeur ainsi qu’une partie des tissus avoisinants et du revêtement des muscles pectoraux ;
  • mastectomie radicale modifiée = ablation totale du sein et du revêtement des muscles pectoraux (en conservant les muscles).

À savoir : une reconstruction mammaire peut être envisagée de façon immédiate ou différée

Exploration ganglionnaire

  • Si tumeur de taille < 3 cm, il est pratiqué la technique du ganglion sentinelle (moins de morbidité qui sera suivie d’un curage axillaire seulement si envahissement.
  • Pour les grosses tumeurs, le curage ganglionnaire reste d’actualité

La radiothérapie contre le cancer du sein

Traitement local, la radiothérapie vise à compléter la chirurgie en réduisant la taille de la tumeur avant l’opération ou en détruisant d’éventuelles cellules cancéreuses encore présentes dans les tissus, après l’intervention.

La radiothérapie est quasi systématique lorsque le sein a été conservé et souvent prescrite dans le cas où les analyses montrent la présence de propagation aux ganglions.
Deux techniques sont utilisées, parfois en association : le rayonnement externe et l’implantation de matériaux radioactifs directement dans le sein (curiethérapie).

L’hormonothérapie contre le cancer du sein

Une hormonothérapie peut être mise en place si l’examen montre que la tumeur possède des récepteurs hormonaux et que son développement est par conséquent stimulé par les hormones sexuelles féminines. Il existe deux types de médicaments capables de ralentir ou bloquer l’action de ces hormones :

  • les anti-œstrogènes se fixent à la surface des cellules cancéreuses, sur les récepteurs normalement occupés par les œstrogènes ;
  • les inhibiteurs de l’aromatase empêchent la transformation (aromatisation) dans le tissu graisseux et la tumeur des hormones mâles (androgènes) surrénaliennes en œstrogènes. On utilise ces médicaments chez les femmes ménopausées.

La suppression de l’activité des ovaires peut aussi être envisagée chez les femmes non ménopausées (traitement médicamenteux).

La chimiothérapie contre le cancer du sein

Quel que soit l’organe touché, la chimiothérapie consiste à administrer un ou plusieurs médicaments toxiques pour les cellules cancéreuses. Ces médicaments vont se diffuser dans l’ensemble de l’organisme et cibler toutes les tumeurs présentes, qu’elles aient été repérées ou non au cours des examens préalables.

Les thérapies ciblées contre le cancer du sein

Une nouvelle génération de traitements est en plein essor : les thérapies ciblées. Il s’agit de molécules s’attaquant plus spécifiquement aux cellules cancéreuses, ou à leur environnement. Principal intérêt : une action ciblée pour des effets secondaires réduits.

D’autres approches et médicaments sont également en développement, notamment l’anti-angiogenèse, consistant à bloquer la croissance des vaisseaux sanguins nécessaires au développement de la tumeur, entraînant ainsi sa mort.

Après le traitement du cancer du sein

Rééducation et reconstruction

Une fois la phase de traitement du cancer du sein terminée, débute une période extrêmement importante de rééducation et de reconstruction.

Rééducation

La rééducation prescrite est adaptée à chaque patiente en fonction de l’étendue de sa maladie et des traitements suivis. Les exercices de kinésithérapie, particulièrement importants en cas de curage ganglionnaire, débutent le lendemain de l’intervention chirurgicale de façon à retrouver rapidement souplesse et vigueur dans le bras et l’épaule du côté du sein opéré.

Dans certains cas, un drainage lymphatique peut également être prescrit.

Reconstruction mammaire

La reconstruction mammaire n’est pas une obligation, mais la majorité des femmes souhaitent retrouver une silhouette la plus naturelle possible. Deux options se présentent alors : prothèse externe ou reconstruction chirurgicale. Le choix est laissé à l’entière appréciation de la patiente, qui peut être conseillée par les professionnels de santé.

Il existe différentes techniques de reconstruction mammaire, à adapter en fonction du cas, de l’âge et de la morphologie. Une discussion avec le chirurgien permet de s’orienter vers la solution la mieux adaptée à sa propre situation.

À savoir : la reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % par l’assurance maladie. Certains établissements pratiquent toutefois des dépassements d’honoraires qui restent à charge de la patiente. Libre à chacune d’accepter ces dépassements ou de changer d’établissement.

Sexualité, grossesse et ménopause

Touchant à l’image de la féminité, le traitement du cancer du sein et ses effets indésirables (mastectomie, fatigue, chute des cheveux, etc.) peuvent entraîner une perturbation du désir de la femme ou de son partenaire. Mais la vie sexuelle peut se rétablir normalement assez rapidement. Le dialogue et des soins adaptés à certains effets secondaires ou la consultation d’un spécialiste peuvent aider à franchir ce cap délicat.

Avoir un enfant est envisageable après un cancer du sein. Il faut néanmoins attendre un certain laps de temps et demander l’avis du cancérologue qui aidera à valider la décision finale.

Le traitement hormonal de la ménopause est en revanche contre-indiqué chez les femmes ayant été traitées pour un cancer du sein.

Suivi médical du cancer du sein

Une fois la phase de traitement terminée, débute une période de suivi aussi longue, plusieurs années, qu’indispensable. Cette phase permet notamment de surveiller :

  • l’état de santé général ;
  • la réponse au traitement ;
  • les effets secondaires à long terme ou tardifs ;
  • tout signe de récidive ;
  • le développement d’un deuxième cancer.

Dans ce cadre, des visites de contrôle sont programmées tous les 3 à 6 mois au départ, puis à fréquence décroissante au fil des ans. Les principaux examens réalisés sont un entretien médical et un examen clinique poussé, avec palpation des deux seins et des aisselles. Une mammographie annuelle complète le suivi, ainsi parfois qu’une radiographie pulmonaire et des dosages biologiques.

Cancer du sein : la récidive

Le risque de récidive est très variable, mais étroitement lié au stade d’évolution du cancer du sein au moment de son diagnostic. Il se produit généralement dans les cinq années suivant le traitement. Le suivi médical permet de le prendre en charge rapidement et de proposer un nouveau programme personnalisé de soins.

« La Ligue en actions »

La Ligue au chevet des malades et de leurs proches

Les Comités départementaux de la Ligue apportent leurs soutiens matériel et financier, moral et psychologique aux personnes malades, aux anciens malades et à leurs proches. En étant à leur écoute, la Ligue a pris en compte leurs attentes et leurs besoins pour l’amélioration de la qualité des soins et de la qualité de vie : dispositif d’annonce, groupes de parole, espaces d’information installés dans les lieux de soins et de vie pour rompre l’isolement des malades et de leurs proches, en sont des exemples.

 

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