Emmanuel Macron, et l’ancien premier ministre Alain Juppé ont mis en scène leur proximité, vendredi, à l’occasion d’un déplacement du chef de l’État à Bordeaux dans le cadre du grand débat national et juste avant que le maire ne quitte la vie politique pour rejoindre le Conseil constitutionnel. Sous la verrière du jardin d’hiver de l’Hôtel Nesmond – une résidence du XVIIe siècle -, la poignée de main entre les deux hommes est symbolique. «C’est une journée un peu particulière», a souligné Emmanuel Macron. Pas d’épanchement lyrique ni de démonstration d’amitié exagérée – pas vraiment le style juppéiste -, mais la matérialisation d’un respect mutuel entre les deux élus.

Après un petit déjeuner en tête à tête à huis clos, le candidat malheureux à la primaire Les Républicains a salué le «privilège» d’être au côté du président de la République pour ses «dernières heures de maire de Bordeaux». S’il loue la «capacité d’écoute» d’Emmanuel Macron, Alain Juppé tient à rappeler devant son invité «un certain nombre de difficultés» qui touchent les collectivités, et notamment la «contrainte budgétaire». Profondément girondin, l’ancien premier ministre, qui a passé près de vingt-cinq ans à l’Hôtel de ville de Bordeaux, a distillé dans son discours quelques piques contre la concentration du pouvoir. Juppé a demandé «qu’on ne continue pas à nous transférer des responsabilités et des charges sans transférer les recettes qui vont avec». Une requête relayée par plusieurs maires du département présents.

En tant que Sage, Alain Juppé sera bientôt soumis au droit de réserve, alors que beaucoup en macronie comptaient sur son soutien actif pendant les élections européennes. Alors, l’élu a profité de sa dernière journée de mandat pour formuler le vœu devant les journalistes que le scrutin du 26 mai soit l’occasion d’un «vrai débat», «un vrai choix proposé aux Français, entre ceux qui croient à l’Europe et ceux qui n’y croient pas vraiment ou pas du tout», sans toutefois appeler à voter pour la liste de la majorité. Voilà pour le testament politique. «Vous allez cet après-midi tourner une page de votre vie, pas seulement de votre vie politique, mais de votre vie personnelle», a salué le chef de l’État, en conclusion de son intervention devant les élus.

«C’est une fierté pour beaucoup de Bordelaises et de Bordelais, je crois que c’est une grande chance pour le Conseil constitutionnel et pour le pays, et je sais que c’est aussi un grand chagrin pour beaucoup d’élus, pour beaucoup d’habitants, et pour vous aussi, donc je voulais vous remercier», a-t-il assuré dans son hommage au futur ex-maire, qui semblait ému. Les quelque cinquante élus l’ont alors une dernière fois salué par une standing-ovation.

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