C’est un concept qui va progressivement s’imposer à mesure que la réforme des retraites va se concrétiser. Plutôt que de parler d’âge légal de départ (à partir duquel on peut prétendre à une retraite à taux plein), la majorité aimerait imposer le terme “d’âge pivot”.  Lors d’un débat organisé vendredi à Niort par deux think-thanks (la Fondapol classée à droite et la Fondation Jean Jaurès classée à gauche), Jean-Paul Delevoye a précisé ce qu’il entendait par cette expression. Le Monsieur retraites d’Emmanuel Macron sait qu’il marche sur des œufs car les partenaires sociaux ont déjà prévenu qu’ils quitteraient la négociation si l’âge de 62 ans n’était plus celui à partir duquel on peut partir à la retraite.

“Le recul de l’âge de départ à la retraite n’est pas la solution car nous visons l’équité”, a répété l’ancien ministre de Jacques Chirac désormais Haut-commissaire à la réforme des retraites. “Ce recul est une méthode injuste car ce sont les plus précaires qui travaillent déjà le plus longtemps”, a-t-il argumenté.Jean-Paul Delevoye veut en finir avec le principe des décotes. Aujourd’hui, un salarié peut partir à la retraite à 62 ans mais s’il n’a pas cotisé pendant suffisamment de trimestres (172 c’est-à-dire 43 ans), on applique une décote à sa pension. “L’âge légal, c’est l’âge à partir duquel vous avez la faculté de partir. Ça ne veut pas dire que vous avez une bonne retraite”, a-t-il argumenté. Un salarié qui a commencé à travailler à 22 ans ne peut pas espérer toucher une retraite à taux plein avant 65 ans. Ce qui fait qu’en moyenne aujourd’hui, un salarié du privé part à la retraite à 63 ans.

Pour y remédier, la réforme pourrait préférer le principe de bonus. “Ce que nous souhaitons proposer, a-t-il poursuivi, c’est que, à partir de 62 ans, on vous offre la possibilité de partir si vous estimez que votre niveau de pension est suffisant. Et s’il est trop faible, on vous accompagne au delà et pour vous inciter, on majore vos points.” Le haut-commissaire a répété à l’occasion de ce débat qu’il quittera son postesi Emmanuel Macron décide de reculer l’âge, comme les personnalités venues de la droite semblent le demander. “C’est aux politiques de décider s’ils changent le contrat mais s’ils le font, alors ils devront changer de pilote”, a-t-il déclaré.

Jean-Paul Delevoye ne veut pas non plus que la réforme du financement de la dépendance vienne perturber sa réforme des retraites. “La retraite est un contrat de sécurité sociale qui fait que ceux qui travaillent payent la retraite de ceux qui ne travaillent plus. En revanche, la dépendance est un risque qui doit être financé par l’impôt. La faire financer par les retraites est une idée saugrenue. Je m’y oppose”, a-t-il lancé.

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