« Pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester, même après le 11 mai, confinées, tout au moins dans un premier temps. Je sais que c’est une contrainte forte. » C’est ce qu’a annoncé Emmanuel Macron, le président de la République, ce lundi 13 avril au soir lors de son allocution télévisée consacrée à la crise du coronavirus. La déclaration a suscité beaucoup d’interrogations.Difficile de trouver une définition précise d’une personne âgée. Sur son site internet, dans une page consacrée au thème « vieillissement et qualité de la vie », l’Organisation mondiale de la Santé évoque les « personnes âgées de 60 ans et plus » .

Après le 11 mai, 18 millions de personnes devraient encore être confinées en France. Ce chiffre avait été avancé par Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique. C’était mercredi, alors qu’il était auditionné par la commission des lois du Sénat. Ces dix-huit millions de personnes, ce sont celles « qui sont les plus à risque de développer une forme grave » de Covid-19. En clair : « Ce sont les personnes d’un certain âge disons […], au-dessus de 65 ou de 70 ans, ce sont les personnes qui ont des affections de longue durée, qui ont des multipathologies, insuffisances respiratoires, cardiaques, etc. […] Et puis ce sont des sujets jeunes ayant une pathologie, mais aussi obèses… »

La durée totale du confinement post-11 mai est une autre inconnue. Jean-François Delfraissy, toujours, devant la commission des lois du Sénat : pour « ces 18 millions de personnes, c’est pas un scoop, on continuera le confinement. […] Pour combien de temps, je ne sais pas. En attendant qu’on trouve peut-être un médicament préventif. » Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, avait évoqué une échéance : la fin de l’année 2020. « Je sais que c’est difficile et que l’isolement pèse, mais c’est une question de vie ou de mort, nous devons rester disciplinés et patients », avait-elle défendu dans un entretien au quotidien allemand Bild . L’idée étant de « limiter autant que possible les contacts des seniors », en l’absence de vaccin permettant de lutter contre le coronavirus. Et si elle avait évoqué cet horizon, c’est parce qu’elle « espère » le développement d’un vaccin par un laboratoire européen « vers la fin de l’année ».

Olivier Véran, le ministre de la Santé, a réagi aux déclarations d’Ursula von der Leyen, mardi sur la radio RTL . « Nous n’avons pas dit en France que ce confinement durerait jusqu’à Noël, a-t-il précisé. J’ai entendu l’idée de Madame von der Leyen, mais nous n’avons pas dit que les personnes âgées devraient rester confinées jusqu’à la fin de l’année. » Le ministre avait également évoqué les visites aux personnes âgées résidant dans des Ehpad. « Nous rendrons possibles les visites du monde extérieur, des aidants, des amis et de la famille, lorsque nous aurons la garantie que la circulation du virus est devenue suffisamment faible pour que le risque soit considéré comme faible, avait-il ajouté. […] C’est une décision dure à prendre et je n’ignore pas les difficultés humaines qu’elle implique. »

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