C’était une rencontre très attendue, quelques jours après la publication du rapport Sauvé. Ce lundi, Jean Castex a rencontré le Pape François au Vatican. Le Premier ministre résume cet entretien avec le souverain pontife en un mot : « Remarquable ! C’était un échange très apaisant. J’ai trouvé un pape joyeux, dynamique et avec de l’entrain », a confié le Premier ministre hors micro, près de l’emblématique place Saint-Pierre.

Le Premier ministre et le Pape François ont échangé en espagnol tout du long. Le pontife comprend le Français, mais comme il n’est pas très à l’aise à l’idée de le parler, le Vatican avait dépêché un traducteur pour l’occasion. Finalement, les deux hommes ont échangé en langue espagnole. La langue du pape, qui est argentin, mais aussi du Premier ministre qui vient des Pyrénées-Orientales et maîtrise parfaitement l’espagnol. « Ça a été très fluide », explique un conseiller de Matignon. L’entretien a duré 35 minutes, ce qui en dit long sur l’entente entre les deux hommes. Les spécialistes du Vatican considèrent que passé le cap des 30 minutes, c’est bon signe.

Le rapport Sauvé, qui estime à quelque 216.000 le nombre de mineurs victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950 en France, a bien été évoqué par les deux hommes. Le Pape François avait exprimé sa « honte » et sa « douleur » après la publication de ce rapport. Il a indiqué au Premier ministre qu’il faisait confiance à l’Église de France pour tirer les conclusions. Le Pape François s’est réjouit qu’il n’y ait pas de déni. « Son discours consiste à dire que c’est courageux de la part de l’Église de France d’avoir fait son travail », a déclaré Jean Castex. Le Premier ministre a fait part au souverain pontife qu’il fallait à tout prix concilier cela avec le droit pénal, même s’il pense que l’Église ne reviendra pas sur ce dogme. « Il fait confiance à l’Église de France pour tirer les conclusions », a-t-il ajouté. « Il se réjouit qu’il n’y ait pas de déni. (…) L’Église ne reviendra pas sur le dogme du secret de la confession. Mais il faut à tout prix trouver les voies et moyens pour concilier cela avec le droit pénal, le droit des victimes. Il en a tout a fait conscience. »

Jean Castex n’est pas venu au Vatican les mains vides. On apprend qu’il a remis au Pape François une très ancienne édition du livre Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo, en reliure d’époque, ainsi qu’un maillot de football du Paris Saint-Germain signé par l’Argentin Lionel Messi. Autre cadeau, celui de son épouse. Sandra Castex avait fait concocter une centaine de sachets de pâtes de fruits depuis les cuisines de Matignon. Des sachets destinés aux SDF de Rome.

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