Carlos Ghosn sort de prison

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108 jours après son arrestation sur le tarmac de l’aéroport de Tokyo, l’ancien président de Renault-Nissan, qui reste inculpé d’abus de confiance et de dissimulation de revenus, a retrouvé l’air libre, après que le tribunal a reçu le milliard de yens (7,9 millions d’euros) de caution exigé pour sa libération. Pensant sans doute tromper les dizaines de médias postés depuis 24 heures devant sa prison de Kosuge, le patron est sorti visage couvert, en bleu de chauffe, au milieu de gardiens de prison, pour s’engouffrer dans une estafette de nettoyage… Las. Même déguisé, Carlos Ghosn s’est fait repérer. Cette réapparition publique incongrue a déchaîné la machine médiatique nippone, jetant à ses trousses hélicoptères, voitures et motards pendant près d’une heure dans les rues de Tokyo.

Carlos Ghosn est réapparu plus tard, capturé par une caméra en élégant costume noir, souriant et en bonne forme physique apparente, malgré de jeunes mèches de cheveux blancs. Puis il s’est soustrait au regard des curieux, jusqu’à nouvel ordre du moins. C’est la fin de la première partie d’une invraisemblable affaire judiciaire au retentissement international commencée le 19 novembre dernier avec l’arrestation de Carlos Ghosn à sa descente d’avion.

«La durée moyenne de détention avant une libération sous caution au Japon est de 85 jours, indique la criminologue Rieko Kage, spécialiste de droit comparé et professeur à l’université de Tokyo. 108 jours de détention n’est donc pas un délai extravagant.» Ce qui est exceptionnel (9 % des cas), en revanche, c’est qu’un prévenu clamant son innocence soit relâché avant les «conférences préliminaires» qui préparent le procès au Japon. Dans le cas de Carlos Ghosn, aucune date pour ces rencontres n’a encore été fixée.

Cette victoire de ses nouveaux avocats valide le coup de poker de Carlos Ghosn, qui les a nommés il y a moins d’un mois en remplacement de son défenseur. Elle signale une défaite cuisante des procureurs. Selon le quotidien Asahi, ces derniers sont fous de colère après cette libération, qu’ils n’escomptaient pas avant six mois. Ils attribuent cette mansuétude à des juges prêtant soudain trop facilement l’oreille aux critiques internationales de la «justice d’otage» nippone. Cette dernière est accusée de monnayer la libération d’un suspect contre ses aveux.

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