Brexit : Guerre du poisson entre la France et le Royaume-Uni

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Interdiction de débarquement », contrôles douaniers accrus : la décision est tombée. La France a annoncé l’entrée en vigueur mardi prochain de premières mesures de rétorsion contre les îles anglo-normandes et Londres, qui les a jugées « décevantes » et « disproportionnées » par rapport au conflit qui les oppose sur le nombre de licences accordées aux pêcheurs français après le Brexit. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a aussi évoqué une riposte graduelle, avec une possible « deuxième série de mesures », « notamment des mesures énergétiques qui ont trait à la fourniture d’électricité pour les îles anglo-normandes ».

Des sanctions ont été mises à exécution dès la nuit de mercredi à jeudi avec la verbalisation de deux navires britanniques dans la Manche. Le premier bateau a été verbalisé pour entrave aux contrôles et le deuxième parce qu’il ne figurait pas sur la liste des navires licenciés. Et dans les ports du nord de la France, ce soutien du gouvernement est accueilli positivement. « Quelque part c’est une satisfaction puisque certains attendent depuis neuf mois de pouvoir aller pêcher », explique Jean-Luc Hall, directeur du Comité national de pêche. « Les comptes sont dans le rouge et les entreprises proches du dépôt de bilan donc ça ne pouvait plus durer. Il fallait adopter une position de fermeté. »

Alors que Jean Castex a laissé la porte ouverte à de nouvelles discussions si la Grande-Bretagne respecte ses engagements, Annick Girardin a estimé de son côté que le Royaume-Uni « n’assume pas sa signature ». « Nous sommes aujourd’hui 11 pays pêcheurs à pouvoir le dire à la Commission européenne », a-t-elle encore assuré.

Du côté du Royaume-Uni, on avance le chiffre de 98% de licences accordées aux pêcheurs européens. Ce que dément la ministre. « Ce chiffre est faux. Ce n’est pas 98% mais 90,3%, soit 1.913 licences données sur 2.127 demandes. Et bizarrement, celles qui manquent sont celles des Français. Donc il y a une mauvaise volonté à travailler sur les dossiers français », a poursuivi la ministre, expliquant que le pays a pourtant des droits historiques sur ces eaux. « Régulièrement, le Royaume-Uni demande des critères supplémentaires, mais aujourd’hui nous disons stop et nous réclamons le droit. »

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