« Uber Files » : Emmanuel Macron accusé d’avoir œuvré en coulisses pour le géant du VTC

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Des révélations qui pourraient être gênantes pour Emmanuel Macron . Du moins en ce qui concerne son rôle bienveillant envers Uber pendant deux ans entre 2014 et 2016. Le Monde et France Info dévoilent ce dimanche 10 juillet de nombreux documents internes à l’entreprise américaine qui montrent comment le ministre de l’Économie a agi en faveur du géant de la Silicon Valley. Alors qu’Uber fait l’objet d’enquêtes sur le plan pénal ou fiscal et que les taxis sont en colère, l’entreprise peut compter sur un soutien de poids, la figure montante du gouvernement, et ce contre l’avis de François Hollande ou de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur. Nommé ministre de l’Économie fin août 2014, l’actuel chef de l’État reçoit au ministère quatre figures d’Uber : Pierre-Dimitri Gore-Coty (alors directeur Europe de l’Ouest), Mark MacGann (lobbyiste en chef pour la zone Europe, Afrique, Moyen-Orient), David Plouffe (ancien conseiller de Barack Obama et vice-président d’Uber), et le PDG de l’entreprise, Travis Kalanick. Quelques jours avant, la nouvelle loi Thévenoud encadrait encore un peu plus la possibilité de devenir chauffeur Uber. Les quatre hommes ressortent ravis malgré le contexte. « Spectaculaire, du jamais-vu », s’extasient-ils, selon les documents.

Aujourd’hui, nos confrères, qui ont travaillé avec le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ), sortent ces documents qui ont été récupérés par le Guardian et qui devaient rester confidentiels, appelés donc « Uber Files ». Ce sont des dizaines de milliers de mails, fichiers PDF, présentations, tableurs, etc., écrits entre 2013 et 2017 (124.000 documents). Pour nos confrères, Uber a utilisé tout le lobbying possible pour « obtenir une dérégulation du marché ». Car au sein du gouvernement, Bernard Cazeneuve, qui possède la tutelle des taxis au ministère de l’Intérieur, ne voit pas son arrivée d’un très bon œil. Encore moins Manuel Valls, le Premier ministre, ou le ministre des Transports, qui se méfie du service. Ces documents tendent à prouver que l’actuel président de la République a opéré en tant que « partenaire », plus qu’un soutien envers l’entreprise. En dix-huit mois, Emmanuel Macron aurait eu pas moins de dix-sept échanges avec le PDG de l’époque, Travis Kalanick.

Toutes les occasions sont bonnes pour Uber France afin de tirer parti de la situation et de permettre à Emmanuel Macron d’être un peu plus dans la lumière, à l’image du dépôt de bilan de l’entreprise Mory Ducros, où les chauffeurs auraient pu rejoindre les rangs du géant américain. Mais le projet n’aboutira finalement pas. Cependant, en coulisses, Emmanuel Macron fait tout pour aider Uber et promet dès la première rencontre avec le PDG du groupe de l’aider dans le dossier de la répression des fraudes, qui reproche à UberPop de présenter un service s’apparentant à celui d’un covoiturage. Finalement, les bureaux français du groupe seront perquisitionnés, ce qui agacera au plus haut point aux États-Unis. Aujourd’hui, la DGCCRF nie avoir subi de pressions du cabinet du ministre de l’Économie. Autre épisode en octobre 2015 : le préfet des Bouches-du-Rhône, Laurent Nuñez, prend un arrêté pour interdire Uber dans le département. Uber s’inquiète et demande à Emmanuel Macron de « comprendre ce qu’il se passe ». L’actuel chef de l’État répond qu’il regardera cela « personnellement », détaille Le Monde. L’interdiction disparaîtra, mais Laurent Nuñez nie avoir subi des pressions à l’époque auprès de nos confrères.

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