Nous tiendrons jusqu’au retrait” de la réforme des retraites, prévient dans un entretien au Journal du Dimanche, publié ce 8 décembre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, en soulignant que “si enlisement il y a, c’est le gouvernement qui l’aura décidé”. Au quatrième jour d’un mouvement social qui a fait descendre plus de 800.000 personnes dans la rue jeudi et fortement perturbé le trafic SNCF et RATP, le responsable syndical estime que “la balle est dans le camp du gouvernement”.

Alors qu’une deuxième grande journée de grèves et manifestations est prévue mardi, et que certaines voix à la CGT en évoquent déjà une troisième pour jeudi, le dirigeant cégétiste l’assure: “Nous tiendrons jusqu’au retrait”. “En 1995, au début de la première manifestation, le Premier ministre Alain Juppé avait dit que jamais il ne retirerait son projet. Les choses évoluent vite. Et la colère est grande. Le gouvernement devrait être attentif”, estime-t-il. En 1995, face à la forte mobilisation contre la réforme des retraites et face aux grèves, Alain Juppé a fini par faire marche arrière et ne plus toucher à l’âge de départ en retraite des régimes spéciaux. A noter qu’Alain Juppé est le mentor d’Edouard Philippe.

Pour Philippe Martinez, “il n’y a rien de bon” dans le régime universel par points voulu par l’exécutif. Selon lui, il faut “conserver” le système actuel, “le meilleur du monde”, et “l’améliorer”. “Le principe de notre système c’est ‘je paye selon mes moyens, je reçois selon mes besoins’”, alors que “le projet du gouvernement” c’est ”‘un euro cotisé offrira les mêmes droits pour tous’. Donc celui qui ne peut pas cotiser, même si ce n’est pas de sa faute, touchera moins que les autres!”, critique-t-il.

Et si le Premier ministre Edouard Philippe annonçait mercredi, en détaillant la réforme, une transition sur dix ou quinze ans entre les régimes actuels et le futur système? “Ce sera non”, répond le numéro un de la CGT. “Je ne veux pas que nos petits-enfants nous disent: ‘tu as pu partir à tel âge, mais en contrepartie, tu as sacrifié ma retraite’”. Le dirigeant cégétiste souhaite que le chef du gouvernement “entende la colère”, “qu’il remette les compteurs à zéro et qu’il applique vraiment l’acte II”, basé sur davantage de concertation, annoncé par Emmanuel Macron en avril dernier en réponse à la crise des “gilets jaunes”.

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