Le premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud ont présenté ce mardi 18 juin les détails de la réforme de l’assurance-chômage. Un chantier hautement sensible censé permettre de résorber des déficits chroniques tout en facilitant le retour à l’emploi. Les objectifs de ces mesures sont clairs: accélérer la baisse du nombre de demandeurs d’emplois tout en permettant des économies dans un système lourdement déficitaire. La réforme vise jusqu’à 250.000 chômeurs en moins et 3,4 mds d’euros d’économies d’ici fin 2021, a précisé le premier ministre Edouard Philippe.

Il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur 28 pour accéder à l’assurance-chômage à partir du 1er novembre. Les conditions de “rechargement” des droits seront également durcies: il faudra avoir travaillé six mois au lieu d’un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d’autant. Par ailleurs, la réforme élargit les droits au chômage pour les démissionnaires et indépendants, à condition qu’ils aient un projet professionnel comme une formation ou la création d’une entreprise.

Les demandeurs d’emploi qui avaient un revenu de travail supérieur à 4.500 euros brut par mois verront leur indemnisation réduite de 30% à partir du septième mois, selon la réforme présentée mardi par le gouvernement. Cette mesure, qui ne concerne pas les chômeurs de plus de 57 ans, sera appliquée jusqu’à un plancher d’indemnisation de 2.261 euros net.

Un système de bonus-malus sur les contrats courts, contesté par le patronat, va être mis en oeuvre le 1er janvier 2020 dans sept secteurs de l’économie, tandis qu’une taxe de 10 euros par CDD d’usage va être créée pour ce contrat spécifique L’exécutif, qui avait annoncé la semaine dernière que 5 à 10 secteurs seraient concernés, en a finalement retenu sept, dont l’hébergement et restauration, l’agroalimentaire, l’eau et les déchets, la plasturgie ou encore le bois et papier.  Deux gros secteurs utilisant beaucoup de CDD échappent à la mesure: le bâtiment (gros pourvoyeur d’emplois) et la santé.

Alors que le chômage baisse, le gouvernement promet de ne pas toucher aux effectifs de Pôle Emploi afin d’améliorer l’accompagnement des chômeurs. Le gouvernement prévoit le recrutement pour trois ans de 1000 agents supplémentaires. 350 millions d’euros vont être réinvestis sur trois ans pour faciliter l’accompagnement du retour à l’emploi.

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