Corono à Chalon : alerte générale

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La cardiologie d’intervention dans le cadre de l’USIC (Unité de Soins Intensifs de cardiologie) est-elle proche de sa fermeture ? C’est ce que laissent craindre les différents propos tenus par le docteur Arnaud Dellinger, Président de la Commission Médicale d’Établissement, lors de la conférence de presse de ce lundi 18 décembre au centre hospitalier William Morey de Chalon. L’alerte rouge danger est lancée.

Bientôt notre reportage vidéo

3 des cardiologues du Centre hospitalier : Jean-Luc PHILIP cardiologue (à droite) et Maxime Fayard (à gauche)

Cela fait plusieurs mois que les cardiologues, les médecins, les personnels hospitaliers, les élus et les citoyens sont mobilisés pour que l’Hôpital de Chalon ait dans le cadre de l’USIC, un plateau d’angioplastie, ce qui permettrait de sauver des vies. En effet, les cas cardiologiques graves ne peuvent être traités à Chalon, faute non pas de spécialistes, mais du matériel adéquat. Ils sont transportés à Dijon ou à Mâcon, hôpitaux eux équipés, avec des coûts de transport à prendre aussi en compte à un moment il faut faire des économies. Il ne faut pas oublier que dans ces cas, le temps compte énormément : 90 minutes entre le constat et les soins adéquats (déboucher l’artère…) avant que le patient subisse des dommages graves voire mortels. (voir notre reportage vidéo complet sur l’angioplastie avec l’Itw du Dr Maxime Fayard)

Pétitions

Lors de la mobilisation de la fin de printemps, 35 000 pétitions ont été signées (10 % de la population potentiellement concernée du nord de la Saône et Loire), 20 000 cartes ont été envoyées au Président de la République, les élus de gauche du centre et de droite ont interpellé la ministre de la Santé et dernièrement le Premier ministre. 2 500 cardiologues hospitaliers de toute la France soutiennent cette implantation nécessaire à Chalon. Le temps est ensuite venu des discussions, des négociations avec l’ARS (Agence Régionale de santé), les Hôpitaux de Dijon et de Mâcon, le CNOSS, le Comité National d’Organisation Sanitaire et Sociale, et les structures concernées.

3 des médecins cardiologues, Gilles Platret et Arnaud Dellinger

Lors de cette conférence de presse de ce lundi 18 décembre, Le Président du Conseil de surveillance du centre hospitalier, Gilles Platret et le docteur Arnaud Dellinger, Président de la Commission Médicale d’Établissement font le point. Et le point n’est pas bon, pas du tout.

L’ARS n’a pas pris de décision réelle et l’on peut dire qu’elle n’est pas très favorable pour cette implantation. … donc le plateau d’angioplastie ce n’est pas pour maintenant… Pas vraiment pour maintenant. Le Maire de Chalon, Gilles Platret, pose donc la question du pourquoi de cet acharnement à priver Chalon et le nord du département de service vital. Pour lui, le CHU de Dijon n’a pas, pour des raisons à préciser, facilité le dossier, voire plus, alors que la création de l’angioplastie à Chalon ne mettait pas en péril ni Dijon, ni Mâcon. Chalon ne peut être le vassal du CHU de Dijon. Il lance un cri d’alerte avant l’erreur fatale du refus du ministère.

Catherine Pillon, de FO

Alain Chalot de la CGT a la nausée de cette situation. C’est une décision inique au regard des enjeux de santé publique, des vies sont en jeu, dit-il. L’état doit répondre aux besoins de santé de la population partout en France. Catherine Pillon, de FO, est aussi très en colère. Elle rappelle qu’en juillet 2016, l’ARS avait reconnu l’utilité de l’installation de l’angioplastie à Chalon et donné son accord. Elle invite la population à porter plainte contre l’état en cas de mort.., s’il est démontré que la prise en charge du patient à Chalon aurait pu le sauver.

Jean-Luc PHILIP cardiologue

Devant ce constat pitoyable, l’équipe de cardiologues du Centre Hospitalier constate donc que l’indécision de l’ARS (Agence Régionale de Santé) bloque tout recrutement de cardiologue dans les hôpitaux du GHT (Groupement Hospitalier de Territoire). Elle considère, avec beaucoup de tristesse et de colère, aussi que l’USIC (Unité de Soins intensifs de cardiologie) actuelle n’a plus de sens s’il n’y a pas de possibilité d’intervention et d’angioplastie. Ce type d’Intervention concerne pas loin de 50 % des patients qui viennent en cardiologie. L’USIC n’a plus donc d’avenir en l’absence de clarification immédiate des intentions du Ministère sur l’autorisation d’angioplastie coronaire à Chalon. Elle a donc demandé au Directeur la fermeture de l’USIC le 8 janvier 2018 à 9 h.

Si le Directeur refuse cette fermeture, la collaboration avec la Croix-Rouge qui construit un bâtiment en face de l’hôpital, Mardor, Autun… sera réduite, il y aura moins de consultations aussi et des délais plus longs. Chalon perdra en partie son potentiel médical de qualité et d’expérience en cardiologie.

Rien n’est encore totalement perdu, la ministre peut prendre la décision de cette implantation. La menace de la fin de l’USIC et de la cardiologie d’urgence semble cependant s’approcher… ce qui ferait des habitants du nord du département une sous-population au niveau cardiologique. Ce qui est inacceptable

Le service a une activité de cardiologie générale (21 lits), une USIC de 7 lits en commun avec une USINV de 5 lits, un hôpital de semaine à forte orientation de rythmologie et un plateau technique complet. Par ailleurs le service assure une présence cardiologique dans un service de réadaptation cardiaque de la Croix Rouge et dans un hôpital voisin.

L’activité du centre est en pleine expansion, avec un bassin de population important
(450 000 habitants) et une forte attractivité. Le centre dispose de l’autorisation de rythmologie interventionnelle et ouvrira en 2018 l’angioplastie coronaire.

L’équipe actuelle est déjà conséquente avec 7 cardiologues (plus 2 angiologues), 2 assistants et 3 internes.

Source Centre hospitalier

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