La scène a été capturée par les caméras de vidéo-surveillance. Pendant près de cinq minutes, on voit un homme se faire frapper à plusieurs reprises par des policiers. Une vingtaine de coups de poing, de coups de pied et de matraque. Michel Zecler est producteur de musique. Ses blessures ont nécessité six jours d’interruption de travail. « À ce moment-là, je me dis que j’ai peur. Je me dis que c’est peut-être mon dernier jour aujourd’hui », raconte-t-il. Les faits se sont déroulés samedi 21 novembre, vers 19h40. Michel Zecler était dans la rue, sans masque lorsqu’il a vu des policiers. Il raconte alors avoir décidé de rentrer dans son studio d’enregistrement.

Les agents l’ont suivi à l’intérieur. De jeunes artistes présents dans le studio lui sont finalement venus en aide. Les agents ont alors appelé des renforts et ont jeté une grenade lacrymogène dans le studio pour le faire sortir. Après les faits, les policiers ont accusé Michel Zecler d’usage de stupéfiants et d’avoir tenté de subtiliser leurs armes. Mais aucun élément n’étaye pour l’instant leurs propos. Le parquet a classé sans suite toutes les poursuites contre le producteur de musique et il a également saisi l’IGPN.

Invité du 20 Heures de France 2, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé qu’il allait demander leur révocation, « dès que les faits seront établis par la justice ». Il les a accusés d’avoir « sali l’uniforme de la République ». Le ministre a été reçu le président de la République jeudi après midi, selon une source gouvernementale. Interrogé, l’Elysée a seulement indiqué que le président suit la situation de près. Plusieurs proches d’Emmanuel Macron ont exprimé sur Twitter leur indignation après le passage à tabac du producteur. Dans une rare déclaration publique, le procureur de Paris Rémy Heitz a souhaité que l’IGPN, saisie du dossier, enquête « le plus rapidement possible ».

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi 26 novembre qu’il allait instaurer « une commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture de l’article 24 » de la proposition de loi sur la « sécurité globale », a indiqué Matignon. L’article litigieux, voté en première lecture par l’Assemblée nationale vendredi et qui doit être soumis au Sénat, prévoit de pénaliser la diffusion malveillante de l’image des policiers et gendarmes. Il est d’autant plus critiqué par les oppositions qu’une succession d’affaires présumées de violences policières a soulevé l’émotion dans le pays ces derniers jours. La commission, créée sur proposition du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et qui verra à sa tête le président de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH), Jean-Marc Burguburu, doit rendre ses travaux « pour la fin du mois de décembre ». L’objectif est de « nourrir utilement l’examen de la proposition de loi sur la sécurité globale en janvier au Sénat dans le respect des prérogatives de la représentation nationale », ont indiqué les services du Premier ministre.

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