Valérie Pécresse à l’épreuve de son premier grand meeting

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C’était un rendez-vous très scruté. La candidate des Républicains (LR) à l’élection présidentielle, Valérie Pécresse, a tenu son premier grand meeting dimanche 13 février à Paris devant quelque 7 500 militants, alors que sa campagne, pilonnée par l’extrême droite, peine à se relancer. L’heure était au rassemblement et tous les ténors de droite avaient fait le déplacement, sauf l’ancien président Nicolas Sarkozy, dont des propos critiques ont fuité cette semaine dans la presse, avant une rencontre vendredi avec Valérie Pécresse aux allures d’apaisement.

Dans son discours de plus d’une heure, elle s’est montrée très ferme sur le régalien, alors qu’Eric Zemmour l’a jugée « pas de droite » samedi. « Nous sommes à la croisée des chemins » mais il n’y a « pas de fatalité, ni au ‘grand remplacement’ [expression d’ordinaire prisée de l’extrême droite, qui craint le « remplacement » de la population française par les vagues successives de migrations] ni au grand déclassement », a affirmé Valérie Pécresse.

Si elle n’a pas présenté de nouvelle mesure – hormis le recours au référendum d’initiative citoyenne –, elle a abordé tous les aspects de son programme : « nation éducative », défense du nucléaire, hausse de 10% des salaires… « Je veux la France en ordre car je veux la France de la concorde », a-t-elle martelé. Dans le public, des militants du collectif d’extrême droite Nemesis ont brièvement déployé une banderole « Ne vous voilez pas la face », rapidement saisie par le service d’ordre.

Pour la candidate LR, qui est régulièrement critiquée pour un côté trop technocratique, l’enjeu était aussi d’humaniser sa candidature. C’est ce qu’elle a tenté de faire sur la fin, malgré un ton très solennel et apparaissant parfois comme surjoué durant tout son discours, en racontant son enfance de « fille de prof », son grand-père psychiatre, et en remerciant son mari Jérôme et ses enfants, dont elle s’est dite « si fière ».

Sans surprise, ses opposants ont jugé sévèrement sa performance. L’extrême droite a raillé un discours où « tout tombe à plat », selon le porte-parole de Marine Le Pen, Sébastien Chenu. « Naufrage en direct », a tweeté Samuel Laffont, chargé du numérique chez Eric Zemmour. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, ne s’est pas privé d’ironiser, sur Cnews, sur une « actrice qui ne semblait pas dans un de ses très grands jours » avec un « long » discours qui « sonnait assez faux ».

Des commentateurs de l’arène politique ont aussi trouvé l’exercice peu réussi. « Je cherche dans mes souvenirs un orateur aussi visiblement mal à l’aise à la tribune d’un meeting que Valérie Pécresse », a tweeté le journaliste Jean-Michel Apathie.

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