Alors que la décapitation de Samuel Paty, ou encore la republication de caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo ont relancé le débat sur la liberté d’expression et ses limites, Ségolène Royal a évoqué le sujet sur CNews, lundi 16 novembre. « Je pense que certaines caricatures de Mahomet sont insultantes », a-t-elle notamment déclaré.

Interrogée par Laurence Ferrari, qui soulignait le « oui, mais… » de l’ex-ministre de François Hollande sur le sujet, cette dernière a répondu : « On a une devise française : liberté, égalité, fraternité. Donc, la liberté, oui, mais la liberté, ce n’est pas le droit de faire n’importe quoi. […] Il y a des droits et des devoirs. Et les devoirs installés par la République, c’est la fraternité qui vient rééquilibrer la liberté. »

L’ancienne responsable politique a ensuite offert au mot « fraternité » une nouvelle définition. « C’est quoi, la fraternité ? C’est l’interdiction de choquer, d’humilier, d’insulter. C’est la prise en considération de la souffrance des autres pour pouvoir rectifier un certain nombre de choses. Et la liberté, ce n’est pas le droit de dire n’importe quoi, n’importe comment », a jugé l’ancienne ambassadrice des pôles.

« Je ne suis pas pour l’interdiction des caricatures, mais je ne suis pas pour cautionner et dire que les caricatures, c’est bien », a-t-elle poursuivi, ajoutant : « Je pense que certaines caricatures de Mahomet sont insultantes. Toutes les caricatures pornographiques, je comprends que certains se sentent insultés par cela, y compris des musulmans qui ne sont ni intégristes ni radicaux. »

Commentant l’interview d’Emmanuel Macron à la revue en ligne Le Grand Continent, Ségolène Royal a dit partager la vision du président qui a déclaré que la France « n’allait pas changer » son droit sur la liberté d’expression « parce qu’il choque ailleurs ». Elle estime toutefois qu’Emmanuel Macron « a fait une erreur, sans doute sous le coup de l’émotion […] parce qu’il a dit “Je vais continuer avec les caricatures” » lors de la cérémonie en hommage à Samuel Paty. Emmanuel Macron avait par la suite défendu « le droit à la caricature ».

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