Edouard Philippe a cherché mardi à calmer la polémique qui enfle sur les violences policières en appelant au « respect et à la confiance » vis-à-vis de la police, mais aussi à « l’exigence », dans un contexte de « très grande » émotion après la mort de George Floyd aux Etats-Unis, ravivant la controverse en France sur l’affaire Adama Traoré. Le Premier ministre a passé la matinée à Evry (Essonne), une ville populaire au sud de Paris, ancien fief électoral de Manuel Valls, où il a d’abord rencontré des policiers au commissariat avant de se rendre dans les locaux de l’association citoyenne Générations 2, engagée sur plusieurs fronts dont les relations entre police et population.

Il était notamment accompagné du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, envoyé la veille en première ligne par Emmanuel Macron, lui-même pressé par l’opposition de se prononcer sur ce sujet sensible, pour annoncer des mesures destinées à améliorer la déontologie des forces de l’ordre. S’exprimant pour la première fois sur ce sujet depuis le début des manifestations antiracistes et antiviolences policières, Edouard Philippe a reconnu que l’émotion était « très grande, très légitime, très partagée » après la mort de George Floyd. Les images vidéo montrent « la mort d’un homme dans des conditions inacceptables et, à vrai dire, monstrueuses », a jugé le chef du gouvernement.

Un nouvel hommage à George Floyd à l’appel de SOS Racisme a rassemblé mardi soir à Paris quelque 12.000 personnes selon les organisateurs, 2.400 selon la préfecture de police, dont plusieurs leaders politiques de gauche. D’autres rassemblements se sont tenus dans plusieurs villes de France comme Bordeaux, Grenoble ou Mulhouse. Bien que légalement interdites, ces manifestations étaient tolérées car « l’émotion mondiale, qui est saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s’appliquent », a estimé M. Castaner.

Marine Le Pen s’est dite sur Azur TV « extrêmement inquiète de voir la manière dont on fait preuve de complaisance à l’égard de mouvements qui cherchent à importer sur le territoire national des conflits raciaux » et qui sont « appuyés par l’extrême gauche ». Depuis une semaine, des milliers de personnes sont descendus dans la rue pour dénoncer les violences policières en France, en particulier après la mort d’Adama Traoré, survenue en 2016 lors d’une arrestation controversée par des gendarmes. Edouard Philippe a souligné que la mission des policiers et gendarmes, qui « sont en première ligne » pour « nous protéger tous », était « redoutablement difficile ». Car ils sont « confrontés à des tensions, à des menaces à des risques ».

« Nous leur devons respect et confiance », comme le fait « l’immense majorité des Français », mais « nous avons également un devoir d’exigence vis-à-vis d’elle », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a ainsi rappelé la nécessité de respecter la première phrase de la Déclaration des droits de l’homme: « les hommes naissent libres et égaux en droits ». « La France, la police nationale, la gendarmerie, ne sont pas racistes. Mais chaque fois qu’un acte, un propos avéré est raciste, il est important que l’ensemble de notre pays réagisse », a insisté M. Philippe dans l’après-midi devant les députés. « Respect, confiance, exigence, c’est la ligne qui doit prévaloir et c’est la ligne sur laquelle, toujours, je me battrai », a-t-il encore martelé dans l’hémicycle.

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