Mercredi soir, les représentants des partis politiques ont été reçus par Édouard Philippe à Matignon, pour la première fois depuis le déconfinement. Finies les visioconférences. Place aux échanges sous les ors de la République – dans le respect de la distanciation physique. Mais c’est la question du second tour des municipales qui marquera le vrai retour à une vie démocratique normale. Sans lever le voile sur la décision finale, il a ouvert deux possibilités: soit un second tour en juin, soit un nouveau cycle (1er et 2e tours) jusqu’à janvier 2021, à l’exclusion de l’automne. C’est la première fois que cette hypothèse a été formulée par l’exécutif et citée comme une date butoir.

Si Édouard Philippe cultive le flou en public, ses intentions sont en revanche connues. Le premier ministre plaide pour un second tour le 28 juin. «Il est candidat au Havre, il a fait 43 % alors qu’il était embourbé dans le chantier des retraites. Aujourd’hui, il est porté par sa gestion de crise. Il veut pousser son avantage», décrypte un conseiller gouvernemental. Selon Le Point et Le Parisien, un dîner politique en petit comité s’est tenu mardi soir à l’Élysée, au cours duquel les deux têtes de l’exécutif ont prôné ce scénario. «Cela permettrait d’enclencher une initiative politique derrière, en prenant acte du résultat des urnes, poursuit un autre conseiller. Il faut convaincre maintenant tout le monde pour éviter les polémiques.» Car plusieurs macronistes sont contre, notamment le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand. Pour sa part, Stanislas Guerini, délégué général de La République en marche, a réclamé des éclaircissements sur la possibilité pour les candidats de faire campagne jusqu’au 28 juin.

Pour les autres partis, à l’exception de Jean-Christophe Lagarde (UDI), Laurent Hénard (Mouvement radical) et Dupont-Aignan (Debout La France), qui se sont opposés au 28 juin, tous les autres participants y étaient favorables, jugeant importante la clause de revoyure prévue quinze jours avant le vote. Les élus ont souligné l’importance aussi du respect impératif des règles sanitaires. Le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy était présent au début de la réunion qui a duré près de deux heures trente. Il a rappelé que le 1er tour n’avait pas eu d’impact significatif sur la circulation du virus et admis une pente descendante de l’épidémie, en restant très prudent. Les chefs de partis ont également insisté sur les conséquences économiques de la décision. En sortant, le président des Républicains Christian Jacob, a d’ailleurs confié sa préoccupation face à l’hypothèse d’un report lointain. Ces derniers jours, Emmanuel Macron jugeait plus opportun de reporter tout le cycle municipal au printemps 2021.

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