«La crise sanitaire que nous venons de vivre a porté un coup d’arrêt massif et brutal à notre filière automobile», a reconnu Emmanuel Macron sans ambages. Le Président était ce mardi après-midi dans une usine de l’équipementier Valeo, à Étaples (Pas-de-Calais)pour présenter le très attendu plan de relance du secteur automobile. Au total, ce plan représente un effort de 8 milliards d’euros pour l’État. En voici les détails.

«Nous serons fin juin à 500.000 véhicules invendus par rapport à la saison précédente. Hors temps de guerre, c’est du jamais vu». Emmanuel Macron a affiché sa volonté de relancer la demande pour les véhicules, en poussant à l’achat de véhicules électriques ou hybrides. «Tout renouvellement du parc est bon écologiquement», a-t-il jugé, avant de détailler: la prime à l’achat d’un véhicule électrique sera portée à 7000 euros pour les particuliers, et à 5000 euros pour les entreprises et les collectivités. Un bonus de 2000 euros sera également versé pour l’achat de véhicules hybrides rechargeables qui étaient jusqu’ici exclus des dispositifs d’aide.Parallèlement, le président a annoncé une accélération dans l’implantation de bornes de recharge sur le territoire, qui devra en compter 100.000 en 2021, un objectif initialement fixé à l’horizon 2022.

Le gouvernement va également mobiliser 200 millions d’euros de subventions pour les équipementiers et les sous-traitants. «Nous avons décidé la création d’un fonds d’investissement de 600 millions d’euros, a ajouté Emmanuel Macron. L’État apportera 400 millions d’euros et les deux autres grands constructeurs français, 100 millions d’euros chacun» pour soutenir ce maillage industriel. «Nous savons que nous aurons de petites entreprises confrontées à des situations très dures», a-t-il tenu à préciser.

Une prime à la conversion exceptionnelle, qui bénéficie aux ménages pour l’achat d’un véhicule neuf, sera en outre appliquée pour les 200.000 premiers achats. «Un particulier qui met au rebut son véhicule polluant diesel ou essence» recevra une aide de 3000 euros, augmentée à 5000 euros en cas d’achat d’un véhicule électrique. Pour en bénéficier, il faudra pouvoir justifier un revenu fiscal annuel par part fiscale inférieur à 18 000 euros. Les trois quarts des Français seront ainsi éligibles. Cette politique de relance de la demande représente un effort d’un milliard d’euros de l’État, a précisé Emmanuel Macron, «sans quoi les constructeurs auraient réduit les volumes de production».

Ce plan de relance constitue un «pacte entre l’État, les entreprises et les salariés» selon Emmanuel Macron: l’État apportera un peu plus de huit milliards d’euros d’aides au secteur automobile au total. En échange, la filière a pris des engagements, avec notamment la «relocalisation de la production à valeur ajoutée». Le gouvernement veut un renforcement de la production de véhicules propres. Un million de véhicules électriques, hybrides ou hybrides rechargeables devraient être fabriquées en France en 2025.

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