Ce lundi, le Sénat a rejeté le plan de déconfinement du gouvernement par 89 voix contre 81 et 174 abstentions. Voilà qui obscurcit un peu plus le début de semaine de l’exécutif, déjà marqué par des levées de boucliers tous azimuts. Edouard Philippe n’a pourtant pas ménagé sa peine pour convaincre les sénateurs que, en ce « moment critique », « nous ne pouvons pas rester confinés ». Si le propos s’est durci ce week-end, pour contrer « le relâchement » des Français observé depuis une dizaine de jours par le gouvernement, au point de laisser planer le doute sur la possibilité de déconfiner le pays le 11 mai, l’objectif demeure bien celui-là au sommet de l’Etat.

Le chef du gouvernement le martèle : « Le confinement se justifiait par l’urgence, mais son coût social et économique est colossal. » La vie économique ? Elle doit, insiste-t-il, « reprendre impérativement et rapidement avec des aménagements, avec de la bonne volonté. » La fermeture des écoles? « Probablement une bombe à retardement » pour les plus vulnérables. Le Premier ministre annonce une aide de 200 euros pour 800 000 jeunes « précaires ou modestes » de moins de 25 ans. Il présente, aussi, des ajustements sur le port du masque au collège (obligatoire uniquement lorsque la distanciation sociale ne pourra être respectée) ou sur les cultes (il se dit « prêt à étudier » la reprise des offices le 29 mai).

Dans la foulée, comme pour appuyer le propos, Emmanuel Macron appelle depuis l’Elysée à aborder le déconfinement, « étape indispensable », avec « calme, pragmatisme et bonne volonté », assurant que les « derniers détails » seront annoncés jeudi.

Pas de quoi convaincre les sénateurs, quand vient l’heure de voter. Les Républicains, majoritaires au Sénat, font le choix de s’abstenir et appuient là où cela fait mal, par la voix de leur président de groupe, Bruno Retailleau : « On ne peut plus vous croire sur parole car elle a fait l’objet de trop de contradictions voire de contrevérités. » Communistes et socialistes optent, eux, pour le vote contre. A prendre, explique le patron du groupe PS Patrick Kanner, comme « une alerte pour le gouvernement », « un vote de défiance globale sur la gestion de la crise par le gouvernement ». Gestion qu’il juge, au diapason du PCF, « catastrophique » concernant les masques.

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