Ce lundi matin, au micro de France Info, le chef du gouvernement a lâché le grand mot: « La France se trouve dans une deuxième vague forte ». Ce constat de Jean Castex rompt avec le discours tenu jusqu’ici par l’exécutif sur la diffusion du Covid-19. Si, depuis le déconfinement du 11 mai dernier, le gouvernement a évoqué la probabilité, voire le caractère inéluctable de cette « seconde » ou « deuxième vague », il n’avait encore jamais reconnu que le pays y était dès à présent confronté. C’est chose faite.

Il n’y a que la première fois qui coûte. Aussitôt après avoir admis que l’Hexagone affrontait désormais le second assaut du virus, il a réemployé l’expression. « La réalité de la deuxième vague est là. J’appelle à ce que nous nous mobilisions tous et toutes, il ne peut plus y avoir de relâchement », a-t-il recommandé. « Pour faire face à cette deuxième vague, rien ne doit être exclu », a-t-il encore pointé.

On entend ici les accents de ses interventions précédentes, et notamment ceux de son passage sur le plateau de France 2 le 24 septembre dernier à l’occasion de l’émission Vous avez la parole. Ce soir-là, il avait déjà noté que toutes les options étaient sur la table pour contrecarrer la diffusion du coronavirus… mais avait situé la seconde vague dans un futur incertain. Le 29 juillet, examinant alors des chiffres bien inférieurs à ceux que nous connaissons aujourd’hui, Olivier Véran écartait sans ambiguité toute idée de « vague ». « La France n’est pas dans une deuxième vague du coronavirus », avait-il alors posé sur le plateau de LCI, inaugurant une nouvelle formule pour qualifier la situation sanitaire de la France durant l’été: celle de « reprise épidémique ».

Une présentation que l’écoulement des semaines et la prise de parole du Premier ministre ce lundi matin ont rendu désuète. Il y a deux semaines en arrière encore, les professionnels de la santé parlaient eux-mêmes de la « seconde vague » comme d’une étape prochaine mais encore distante. Les mots de Patrick Bouet, président de l’Ordre des médecins dans le Journal du Dimanche du 27 septembre le montrent: « La deuxième vague arrive plus vite que nous le redoutions. »

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